Appel à article FA40 – L’activisme artistique

Responsable du numéro : Nicolas Nercam

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L’activisme artistique

Sans être clairement défini, « L’activisme en arts » est une appellation fréquemment utilisée, depuis les années 1990, pour évoquer une part importante de la production de l’art contemporain à travers le monde (voir ERC Project ARTIVISM, M. Salzbrunn). De nombreuses manifestations internationales – la biennale de Berlin de 2012, la biennale de Venise de 2017, la Manifesta 12 de Palerme en 2018, ou bien la biennale de Kochi-Muziris, « Possibilities for a non-alienated life » de 2018-19 pour ne citer ici que les plus récentes – lui sont consacrées et abordent, entre autres, les thématiques de l’écologie, de l’altermondialisme, du féminisme, de la consommation responsable, de l’aliénation sociale et économique ou de l’immigration. De même, un certain nombre d’ouvrages (C. Mesch 2014, D. Vander Gucht 2014, J.M. Lachaud 2015, N. Thompson 2015, 2018, P. Weibel 2015, G. Didi-Huberman 2016, G. Sholette 2017, 2018, D. Berthet 2018, M. Reilly 2018, M. Bouchier et D. Dehais 2020) et de revues (Artforum International de mai 2019, Third Text de juillet/septembre 2020 en sont des exemples) abordent la question des formes contemporaines que prennent les interrelations entre art et politique.

« L’activisme en arts » regroupe des actions artistiques liées à des questions sociales et politiques et renoue avec des pratiques contestataires, en résistance à l’hégémonie quasi planétaire de l’idéologie propre au capitalisme dit néolibéral. Cette nouvelle prise de conscience du caractère politique de la création artistique remet en cause les discours consensuels sur la neutralité de l’art et de l’esthétique, confinés dans leur « autonomie » et imperméables aux désordres du monde. Au sein de l’activisme artistique se joue une dialectique entre deux entités, traditionnellement perçues comme étant de nature différente : le champ de l’art (trop souvent défini comme autonome, sans autre fonctionnalité que la sienne propre) et le champ du politique et du social (pensé comme praxis de l’exercice des pouvoirs dans une société organisée).

Nul doute que l’art, aujourd’hui comme hier, ne peut changer concrètement le monde. Néanmoins, les expériences auxquelles il nous convie peuvent malgré tout, en nous secouant et en nous troublant, nourrir notre capacité de nous révolter et réveiller notre faculté à aspirer à autre chose que ce qui est (Lachaud 2015).

La question centrale que pose l’activisme artistique pourrait être énoncée de la sorte : Comment évaluer la capacité des champs artistiques (arts plastiques, littérature, performance, théâtre, danse, vidéos, etc.) à fonctionner « en écho » à la protestation sociale et politique ? Vouloir mesurer cette capacité (voire son efficacité) est une entreprise difficile, tant les objectifs et les finalités artistiques et idéologiques des activismes paraissent variés. En témoigne l’extrême diversité des appellations qui désignent, dans le monde, l’activisme en arts : Art sociétal (Socially engaged art), Art engagé, Art communautaire (Community based art) Art dialogique (Dialogic art), Art d’intervention (Interventionnist art), Art participatif (Participatory art), Art relationnel, Art collectif (Collective art), Art contextuel, Artivisme, etc.

Étymologiquement, la notion « d’activisme », au-delà de l’anglicisme auquel elle peut renvoyer, semble mettre à distance toute volonté de réflexion sur le monde contemporain. Elle désigne plutôt – sans revendiquer aucune filiation particulière, ni politique, ni artistique – des conduites privilégiant l’action vigoureuse et même percutante ; quitte à confondre parfois « agitation » et « action ». En ce sens, l’activisme est symptomatique de notre époque, où l’on va favoriser une « urgence de l’action » (urgence climatique et environnementale, urgence sociale, etc.), souvent au détriment de pensées plus globales des problématiques.

L’éventail des pratiques artistiques mobilisées par l’activisme est ainsi très large. Il va de techniques dites traditionnelles (peinture, dessin, sculpture, théâtre, etc.), en passant par des pratiques éphémères, en situation, s’inscrivant dans un temps et un lieu particuliers (espace public, espace urbain, entrepôt, etc.), jusqu’au développement d’interventions sur la toile du net (net art, hacktivism, etc.).

Au sein de toutes ces pratiques, deux positions radicalement opposées peuvent être délimitées :

  • L’une consiste à inscrire l’action artistique dans une forme de bonification de la fonctionnalité du message et de l’action politique et ce, afin de rendre ces derniers plus « attractifs ». Dans ce cas de figure, l’artiste activiste se doit d’être en empathie (tout du moins en accord) avec l’objet du discours politique. Si ce type d’intervention permet à l’artiste de caresser l’espoir d’obtenir quelques changements sociaux et politiques, il contient le risque de l’assujettissement idéologique, de la dérive vers l’art de propagande et de la réduction de l’innovation esthétique.
  • L’autre conduit à situer l’action artistique dans le détournement et le dysfonctionnement de l’action politique et de son discours, dans l’annulation de leur dimension pratique et efficiente. Cette dernière position semble avoir été adoptée par un grand nombre d’artistes activistes afin de dénoncer les dangers, les excès, les travers, les hypocrisies de telles ou telles actions politiques ou de tels ou tels principes idéologiques. Elle assure une plus grande autonomie de l’action artistique et semble éviter tout assujettissement au discours politique. Par contre, elle relègue au second plan l’impact de l’action artistique dans le domaine social et politique (en une sorte d’objectivation d’un statu quo politique et social).

Ces deux traditions contradictoires nourrissent, en se mêlant l’une l’autre, ce que l’on appelle l’activisme artistique contemporain dont l’analyse des productions révèle parfois l’ambiguïté des visées.

Prenant en compte la nécessité d’une approche mondiale du phénomène et l’exploration de ses formes et de ses concepts les plus divers, cette publication entend apporter sa contribution à l’étude de l’activisme en arts depuis les années 1990.

La globalisation nous inviterait à ne plus nous contenter d’une conception nordatlantique de l’histoire de l’art. Mais pour nombre d’observateurs, ce monde dit unifié reste fortement divisé entre d’un côté les privilégiés et les « développés » et de l’autre les opprimés, « en développement ». Les croisements, les transferts, les interrelations entre art et politique, à l’œuvre au sein de l’activisme artistique, peuvent trouver ainsi des colorations spécifiques en fonction de différents endroits du globe.

Ce numéro de la revue d’études esthétiques Figures de l’Art entend réunir des articles scientifiques, de tous horizons, afin d’approcher les diverses formes et conceptions de l’activisme en art :

  • Dans des aires culturelles autres qu’occidentales (Amérique centrale et latine, Asie, Afrique, Pacifique), souvent marginalisées dans les approches du phénomène.
  • Dans des productions artistiques développées dans les pays occidentaux, problématisant, en particulier, les zones marginalisées, l’immigration, l’altérité, l’identité diasporique.

Quelques thèmes, non exclusifs et présentés ici de manière non limitative, peuvent servir de fil conducteur à la contribution d’articles :

  • Les apports et les résistances vis-à-vis des « modèles » d’arts engagés occidentaux (bouleversant ou confortant les notions de « fonctionnalité » et de « dysfonctionnalité » du champ de l’art).
  • Les apports de combats politiques spécifiques à la construction et au développement d’un activisme en art.
  • Les héritages ou les survivances de luttes anticoloniales dans les manifestations d’un activisme artistique contemporain.
  • Les circulations « sud-sud » à l’origine de la construction et du développement d’activisme artistique dans diverses parties du monde.
  • Les contributions significatives de pratiques politiques ou/et artistiques et culturelles locales à la dynamique d’un activisme artistique.
  • L’apport du discours postcolonial dans le développement de formes spécifiques de l’activisme artistique.
  • Les phénomènes d’alignement (voire de récupération) des pratiques contestataires de l’activisme artistique sur les « industries culturelles » et les « économies créatives ».

Calendrier

Les propositions devront être envoyées au plus tard le mercredi 1er septembre 2021, aux adresses suivantes :

Ces propositions se présenteront sous la forme d’un résumé (5 à 6000 signes espaces compris) assortis de 5 mots clés et d’une bibliographie de 8 références maximum. La problématique, les objectifs et la méthodologie de recherche y seront clairement énoncés.

Les autrices et auteurs y ajouteront une courte biographie, d’une dizaine de lignes maximum, en y mentionnant leurs coordonnées complètes (statut, institution de rattachement et courriel).

  • Lundi 15 novembre 2021 : retour aux autrices et auteurs des propositions.
  • Lundi 14 février 2022 : réception des articles complets (entre 10 000 et 30 000 signes espaces compris)
  • Lundi 16 mai 2022 : remise des versions définitives des articles par les autrices et auteurs

Publication du n°40 de la revue Figures de l’Art prévue fin juin 2022.

Les articles feront l’objet d’une double expertise anonyme.


Éléments de bibliographie

Essais

  • Paul Ardenne, Pascal Beausse, Laurent Goumarre, Pratiques contemporaines, l’art comme expérience, Dis voir, Paris, 1999.
  • Paul Ardenne, Un art contextuel : création artistique en milieu urbain, en situation d’intervention, de participation, Flammarion, Paris, 2009.
  • Paul Ardenne, Art, Le Présent. La création plasticienne au tournant du XXIe siècle, éditions du Regard, Paris, 2009.
  • Dominique Baqué, Histoires d’ailleurs : artistes et penseurs de l’itinérance, éditions du Regard, Paris, 2006.
  • Dominique Baqué, Pour un nouvel art politique : de l’art contemporain au documentaire, Flammarion, Paris, 2009.
  • Alain Bieber et Lukas Feireiss, Urban Interventions. Personnal projects in public spaces, Gestalten, Berlin, 2010.
  • Claire Bishop, Artificial Hells. Participatory Art and the Politics of Spectatorship, Verso, Londres, 2012.
  • Nicolas Bourriaud, Esthétique relationnelle, Les Presses du Réel, Dijon, 1998.
  • Hans Cova, Art et politique : les aléas d’un projet esthétique, coll. Ouverture philosophique, L’Harmattan, Paris, 2005.
  • Henri Cueco e Pierre Gaudibert, L’Arène de l’art, Galilée, Paris, 1998.
  • Thierry Davila, Marcher, créer, déplacements, flânerie, dérives dans l’art de la fin du XXe siècle, édition du Regard, Paris, 2002.
  • John Dewey, Art as experience, Tarcher Perigee, Penguin Books, New York, 2005.
  • Georges Didi-huberman, Soulèvements, Gallimard/Jeu de Paume, Paris, 2016.
  • Christophe Domino, A Ciel ouvert. L’Art contemporain à l’échelle du paysage, Scala, Paris, 2006.
  • Anthony Downey, Art and Politics Now, Thames & Hudson, Londres, 2014.
  • Mikel Dufrenne, Art et Politique, éditions 10/18, Paris, 1974.
  • Jean-Jacques Gleizal, L’art et le politique. Essai sur la médiation, PUF, Paris, 1994.
  • Catherine Grout, Pour une réalité publique de l’art, L’Harmattan, Paris, 2000.
  • Joseph Heath et Andrew Potter, Révolte consommée. Le mythe de la contre-culture, Naïve, Paris, 2005.
  • Pablo Helguera, Education for Socially Engaged Art. A Materials and Techniques Handbook, J. Pinto Books, New York, 2011.
  • François Hers et Xavier Douroux, L’art sans le capitalisme, Les Presses du Réel, Dijon, 2011.
  • Boris Groys, Art Power, MIT Press, Cambridge, 2008.
  • Boris Groys, In the Flow, Verso, Londres, 2018.
  • Marc Jimenez, La critique : crise de l’art ou consensus culturel ? Klincksieck, Genève, 1995.
  • Allan Kaprow, L’Art et la vie confondus, Centre Pompidou, Paris, 1996.
  • Jean Marc Lachaud, Art et aliénation, PUF, Paris, 2012.
  • Jean Marc Lachaud, Que peut (malgré tout) l’art ?, l’Harmattan, Paris, 2015.
  • Stéphanie Lemoine et Samira Ouardi, Artivisme. Art, action politique et résistance culturelle, Alternatives, Paris, 2010.
  • Herbert Marcuse, L’Homme unidimensionnel, traduction de M. Wittig, Les éditions de Minuit, Paris, 1964.
  • Carlo McCornick, Marc et Sara Schiller, Trespass. Une histoire de l’art urbain illicite, Taschen, Köln, 2010.
  • Claudia Mesch, Art and Politics. A Small History of Art for Social Change since 1945, I.B.Tauris, Londres, 2013.
  • Claire Moulène, Art contemporain et lien social, éditions Cercle d’art, Paris, 2007.
  • Raymonde Moulin, De la valeur de l’art, Flammarion, Paris, 1995.
  • Franck Popper, Le Déclin de l’objet, Le Chêne, Paris, 1975.
  • Frank Popper, Art, Action et Participation, Klincksieck, Lausanne, 1980.
  • Jacques Rancière, Le partage du sensible : esthétique et politique, La Fabrique, Paris, 2000.
  • Jacques Rancière, Le spectateur émancipé, La Fabrique, Paris, 2008.
  • Jacques Rancière, Aisthesis. Scène du régime esthétique de l’art, Galilée, Paris, 2011.
  • Anita Seppä, Globalisation and the Arts from Colonialist and Nationalist Aesthetics to Global Hybrids, LAP Lambert Academic Publishing, 2011.
  • Gregory Sholette, Dark Matter : Art and Politics in the age of enterprise culture, Pluto Press, Londres, 2006.
  • Gregory Sholette, Delirium and Resistance : Activist Art and the crisis of Capitalism, Pluto Press, Londres, 2017.
  • Jan Swidzinski, L’Art et son contexte. Au fait, qu’est-ce que fait l’art ?, Inter éditeur, Québec, 2005.
  • Nato Thompson, Seeing Power. Art and Activism in the 21st Century, Melville House Printing, New York, 2015.
  • Nato Thompson, Culture as a Weapon : the art influence in everyday life, Melville House Printing, New York, 2017.
  • Daniel Vander Gucht, L’expérience politique de l’art. Retour sur la définition de l’art engagé, Les Impressions Nouvelles Editions, Paris, 2014.
  • Krzysztof Wodiczko, Art public, art critique, textes propos et documents, Centre Pompidou, Flammarion, Paris, 1996.
  • Joëlle Zask, Outdoor Art. La sculpture et ses lieux, coll. « Les Empêcheurs de penser en rond », La Découverte, Paris, 2013.
  • Estelle Zhong Mengual, L’art en commun. Réinventer les formes du collectif en contexte démocratique, Les presses du réel, Dijon, 2018.

Ouvrages collectifs

  • Art public, Art critique, sous la direction de Krzysztof Wodiczko, ENBA, Paris, 1995.
  • Art, Culture et Politique : Actes du congrès Marx International II, sous la direction de Jean Marc Lachaud, PUF, Paris, 1999.
  • Les Non-publics – les arts en réceptions, sous la direction de Pascale Ancel et Alain Pessin, tome 1 & 2, L’Harmattan, Paris, Budapest, Torino, 2004.
  • Art et Politique, sous la direction de Jena Marc Lachaud, l’Harmattan, collection Ouverture philosophique, Paris, 2006.
  • Les formes contemporaines de l’art engagé. De l’art contextuel aux nouvelles pratiques documentaires, sous la direction d’Eric Van Essche, La Lettre volée, Bruxelles, 2007.
  • Arts et Pouvoir, sous la direction de Marc Jimenez, Klincksieck, coll. Université des arts, Paris, 2007.
  • Collectivism after Modernism. The Art of Social Imagination after 1945, sous la direction de Blake Stimson et Gregory Sholette, University of Mineapolis Press, 2007.
  • L’art, le territoire – Art, espace public, urbain, collectif, ERTU, 2008.
  • L’artiste et l’entrepreneur, sous la direction de N. Hillaire, Cité du Design Editions, Paris, 2008.
  • Un nouvel art de militer : Happenings, luttes festives et actions directes, sous la direction de Cyril Cavalié et Sébastien Porte, Alternatives, Paris, 2009.
  • Artivisme : Art, action politique et résistance culturelle, sous la direction de Stéphanie Lemoine et Samira Ouardi, Alternatives, Paris, 2010.
  • Art and Activism in the age of Globalization, sous la direction de L. De Cauter, R. De Roo et K. Vanhaesebrouck, NAi, Rotterdam, 2010.
  • Une esthétique de l’outrage ?, sous la direction de Jean Marc Lachaud et Olivier Neveux, l’Harmattan, collection Ouverture philosophique, Paris, 2012.
  • Living as Form. Socially Engaged Art Form 1991-2011, sous la direction de N. Thompson, Creative Time Books, New York, 2012.
  • L’art dans sa relation au lieu, sous la direction de Dominique Berthet, l’Harmattan, 2012.
  • Art et mondialisation : Anthologie de textes de 1950 à nos jours, sous la direction de Catherine Grenier, C. Pompidou, Paris, 2013.
  • Décentrements. Art et Mondialisation. Anthologie de textes de 1950 à nos jours, sous la direction de Catherine Grenier, Centre Pompidou, Paris, 2013.
  • Global Activism, Art and conflict in the 21th century, sous la direction de Peter Weibel, ZKM Karlsruhe & The MIT Press, Londres, 2014.
  • Les murs révoltés : Quand le street art parle social et politique, sous la direction de Stéphanie Lemoine et Yvan Tessier, Alternatives, Paris, 2015.
  • Lieux & Mondes. Arts, Cultures & Politiques, sous la direction d’Eric Bonnet et François Soulages, col. Local & Global, l’Harmattan, Paris, 2015.
  • Rue des arts, productions artistiques et espacer urbain, sous la direction de M. Maleval et J. M. Lachaud, l’Harmattan, Paris, 2015.
  • Future Publics (The rest can and should be done by the People) : A critical Reader in contemporary Art, sous la direction de M. Hlavajova et R. Hoskote, BAK, Utrecht, 2015.
  • Political Aesthetics : Culture, critique and Everyday, sous la direction d’Arundhati Virmani, Routledge, Londres, 2015.
  • L’Histoire n’est pas donnée. Art contemporain et postcolonialité en France, sous la direction d’E. Chérel et F. Dumont, PUR, Rennes, 2016.
  • Former West : Art and the Contemporary after 1989, sous la direction de M. Hlavajova et S. Sheik, BAK, Utrecht, 2016.
  • Création et Engagement, sous la direction de Dominique Berthet, coll. Ouverture philosophique, l’Harmattan, Paris, 2018.
  • Décolonisons les arts ! sous la direction de L. Cukierman, G. Dambury et F. Vergès, L’Arche, Paris, 2018.
  • Art as Social Action : An Introduction to the Princieples and Practices of teaching Social Practice Art, sous la direction de G. Sholette et Chloë Bass, Allworth Press, New York, 2018.
  • Art et esthétique des luttes. Scènes de la contestation contemporaine, sous la direction de Martine Bouchier et Dominique Dehais, MétisPresses, Paris, 2020.

Revues

  • Third Text. Critical Perspective on Contemporary Art and Culture, vol. 16, Issue 4, n°61, décembre 2002, Routledge, Londres.
  • Les Cahiers du travail social, n° 65, « Cultures, arts et travail social », janvier-avril 2011.
  • L’information géographique, « Activisme urbain : art, architecture et espace public », septembre 2012.
  • Les Cahiers d’Artes, n° 9, 2012, « L’Art à l’épreuve du social », sous la direction de Sabine Forero Mendoza, PUB, Bordeaux.
  • Figures de l’art n°31, revue d’études esthétiques, 2016, « L’Art des villes », sous la direction de Cécile Croce, Presses universitaires de Pau et des pays de l’Adour.
  • Third Text. Critical Perspective on Contemporary Art and Culture, n°144, « Social Reproduction and Art », janvier 2017, Routledge, Londres.
  • Artforum International Magazine, « Art’s uprisings : Activism now », mai 2019, New York.
  • Third Text. Critical Perspective on Contemporary Art and Culture, Special Issue «Antifascism/Art/Theory», mai 2019, Routledge, Londres.
  • Third Text. Critical Perspective on Contemporary Art and Culture, n°165-166, « Decentring the Genealogies of Art Actvism », Juillet/septembre 2020, Routledge, Londres.

Articles

  • Claudia Villas Boas, « Geopolitical Criteria and the Classification of Art », Third Text.
  • Critical Perspective on Contemporary Art and Culture, vol. 26, Issue 1, janvier 2012, pp. 41-52.
  • Anne Ring Petersen, « Identity Politics, Institutional Multiculturalism, and the Global Artworld », Third Text. Critical Perspective on Contemporary Art and Culture, vol. 26, Issue 1, mars 2012, pp. 195-204.
  • Marc James Léger, « Art and Art History After Globalisation », Third Text. Critical
  • Perspective on Contemporary Art and Culturevol. 26, n°118, Issue 5, septembre 2012, pp. 515-528.
  • T. J. Demos, « The Art and politics of ecology in India : a roundtable with Ravi Agarwal and Sanjay Kak », Third Text. Critical Perspective on Contemporary Art and Culture, vol. 27, n°120, Issue 1, janvier 2013, pp.151-161.
  • A. Memou, “Art, Activism and the Tate”, Third Text. Critical Perspective on Contemporary Art and Culture, vol. 31, Issue 5-6, n°148-149, septembre – novembre 2017, pp.619-632
  • Ros Gray et Shela Sheikh, « The Wretched Earth, botanical conflicts and Artistic Interventions », Third Text. Critical Perspective on Contemporary Art and Culture, n°151-152, mai 2018, pp.163-175.
  • Salzbrunn Monika, « Artivisme », dans Anthropen.org, Paris, Éditions des archives contemporaines, DOI:10.17184/eac.anthropen.091

URL de références : http://www.vrin.fr/collection.php?code=396

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FA39 – QueeRriser l’esthétique

2021, sous la direction de Bernard Lafargue et Cécile Croce

En 1990, Judith Butler publie Gender Trouble. Ce livre auroral s’appuie avec brio sur la French Theory pour en fonder une autre : the Queer Theory. Celle-ci nous donne à comprendre que la vie est une tragi-comédie, dans laquelle tout-un-chacun peut changer le rôle auquel il se croyait assigné et assujetti par nature. On ne naît plus homme ou femme mais neutre ; epikeinos, « gender fluid » ou, pour le dire avec Rousseau, « propre à rien/tout » et doué de « perfectibilité ». Traduit en plusieurs langues, Gender Trouble aura très vite une influence considérable sur les études littéraires et cinématographiques, qui vont rapidement faire un acting out tout particulièrement heuristique. Il n’en est toujours pas de même dans les études esthétiques et d’histoire de l’art.

Tout se passe en effet comme si la geste phallogocentrique hystérique de Socrate, le père spirituel de la philosophie (de l’art), bannissant la beauté féminine des Panathénées de Phidias, qui aurait tellement émollié les athéniens qu’ils en auraient perdu la guerre du Péloponnèse, se répétait dans les deux grands livres majeurs de L’Esthétique : La Critique de la faculté de juger (Kant) et L’Esthétique (Hegel), qui confinent l’art (dépassé) de leur temps à un rôle de potiche empruntée ou fétichisée/momifiée.

Comment en finir avec la « maledizione » du « démon de Socrate » qui pousse toujours aujourd’hui un grand nombre de grands penseurs, portant sur leur front une « mâle assurance », à répudier la beauté trop « féminine » d’un grand nombre d’œuvres d’art en vogue ? Comment repenser les rapports, intimement sexués/genrés que l’Esthétique entretient avec la beauté/le beau ? Comment réécrire son arbre généalogique, plus particulièrement ses liens de parenté – et de filiation – incestueux avec ses deux grandes sœurs : la philosophie et l’histoire de l’art ? Comment l’esthéticien peut-il parvenir à « queeRriser » sa « vieille » discipline ?

Peut-être en ajoutant l’« R » cratylien incantatoire de Rrose Sélavy au néologisme audacieux de son parricide !

C’est à cette « révolution » que se risquent les articles de Zoé Adam, Bernard Andrieu, Louise Barrière, Jérôme Carrié, Maîtresse Cindy, Cécile Croce, Émilienne Edmond, Marie Gil, Bernard Lafargue, Claire Lahuerta, Apostolos Lampropoulos, Anne-Cécile Lenoël, Mélodie Marull, Aurélie Martinez, Murielle Navarro, Nicolas Nercam, Eugénie Péron-Douté, Tristan Piotto, Alban Piscopello, Muriel Plana, Guillaume Robin et Ariane Temkine réunis dans ce n° 39 de Figures de l’art par Bernard Lafargue et Cécile Croce.

  • ISBN 2-35311-128-9 / ISSN 1265-0692
    • Éditeur : PUPPA, Pau
      • Prix : 28 €
        • 354 pages

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FA38 – Exposer/S’exposer

2021, sous la direction de Christophe Bardin

Dès son origine le design s’est posé la question de sa propre visibilité avec cette double contrainte d’apparaître et d’exister dans le champ artistique (au sens large) tout en cherchant à créer un lien particulier avec une clientèle potentielle et d’éventuels consommateurs. Dans un premier temps, intimement lié aux grandes expositions universelles comme la « Great Exhibition of the Works of Industry of all Nations » de 1851 puis aux suivantes, il cherche également rapidement cette forme de reconnaissance spécifique que peuvent conférer certains événements comme les salons.

Aujourd’hui cette question s’est considérablement complexifiée à la fois par l’éventail élargi des activités du design, par les méthodologies de travail réinventées, par le changement des habitudes de consommation ou encore par la diversification des lieux proposés. Aux places physiques traditionnelles se sont ajoutés et quelquefois substitués des endroits dits dématérialisés qui permettent à la fois de se montrer sans intermédiaire, et sans réalité physique pour une partie de la production, mais qui imposent également – par leurs puissances supposées – une forme d’investissement et d’asservissement. En changeant, en se transformant, en se renouvelant l’exposition du design se réinvente sans cesse. Le « quoi montrer » devient complexe. S’agit-il de soumettre le processus de réflexion, le travail préparatoire, un objet terminé, quelques procédés ? Pour ajouter au trouble, si le design est bien cet ensemble d’éléments plus ou moins matériel et concret, il est également – et souvent en même temps – tous les dispositifs qui permettent la monstration. Issu des savoirs faire du théâtre entre autres, le design d’environnement, par le biais de la scénographie, injecte en effet des compétences nouvelles, où le son, la lumière, le parcours du spectateur, la gestion des flux, donnent une épaisseur particulière à l’exposition quand il ne devient pas tout simplement l’objet même de l’exposition.

Poursuivant la réflexion engagée dans Les Moments du Design (Figures de l’Art, 36, éd. PUPPA, 2019). Les articles de ce numéro 38 de Figures de l’Art qui proviennent pour l’essentiel du colloque : « Exposer/S’Exposer » que nous avons organisé à l’université Jean Monnet de Saint-Étienne en novembre 2019, analysent cette question complexe de l’exposition.

  • ISBN : 2-35311-116-5 / ISSN : 1265-0692 / EAN : 9782353111169
    • Éditeur : PUPPA, Pau
      • Prix : 22 €
        • 260 pages

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FA37 – Le savoir-rire de l’art

2019, sous la direction de Bernard Lafargue et Bertrand Rougé

Des plaisanteries de Duchamp et de ses amis dadaïstes aux dernières facéties de Yue Minjun, Liu Bolin, Calle, Koons, Cattelan, etc., en passant par l’humour noir des fumistes ou surréalistes, l’art de ce dernier siècle n’a eu de cesse de se débarrasser de l’aura du sacré pour devenir léger, désinvolte, humoristique ou ironique avec le triomphe mondial du Pop Art Design dans les années soixante. Un nouveau prisme qui nous invite à penser que, des joutes en trompe-l’œil de Zeuxis et Parrhasios aux caprichos de Vélasquez ou Goya en passant par les traits d’esprit – cosa mentale – des doux souris tout chargés de mystères de Léonard ou les peintures facétieuses du Tintoret, un habile savoir-faire-rire a toujours été le propre de l’art.

C’est dans ce contexte en effet qu’un Daniel Arasse s’est mis à dénoncer « l’esprit de sérieux de ces gardiens de cimetière, qui se drapent dans la prétendue dignité de leur discipline et, au nom d’un triste savoir, veulent qu’on ne rie jamais devant une peinture », pour risquer une iconographie analytique jubilatoire habile à se mettre au diapason des poétiques rieuses ou risibles des œuvres d’art.

Et c’est dans cet esprit que les articles de Nicolas Boutan, Alice Cazaux, Dominique Etna Corbal, Cécile Croce, Alain Chareyre Méjan, Eliane Chiron, Avril Closset, Cécile Croce, Marine Crubilé, Mylène Duc, Eric Dicharry, Christian Globensky, Bernard Lafargue, Gérard Lahouati, Richard Leeman, Elisabeth Magne, Oscar Motta, Nicolas Nercam, Nicolas Nouhaud, Bertrand Prévost, Bertrand Rougé, Ronald Shusterman, Frédéric Sicard et Christophe Viart réunis par Bernard Lafargue et Bertrand Rougé dans ce numéro 37 de Figures de l’art, s’attachent à analyser les principaux tropes de la « vis comica et polemica » de l’art.

  • ISBN 2-35311-110-6 / ISSN 1265-0692
    • Éditeur : PUPPA, Pau
      • Prix : 28€
        • 360 pages

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FA36 – Les Moments du Design

2019, sous la direction de Christophe Bardin

Initialement circonscrit au champ de la production manufacturière, ce qui peut être décrit comme l’ancêtre de ce que nous nommons aujourd’hui le design – soit les arts industriels ou arts décoratifs – du XIXe siècle a longtemps recouvert une activité qui, pour l’essentiel, tournait autour de la création et de la production de mobilier, faïencerie, verrerie, textile, orfèvrerie ou encore ferronnerie soit peu ou prou d’objets liés à l’art de la maison. Le XXe siècle va changer la donne et voir émerger des courants et pratiques diversifiés. Le primat de l’esthétique ou celui de la fonctionnalité sont tour à tour discutés, la dimension symbolique de l’objet, la volonté de redéfinir la création autour de la personne et non plus du produit ou encore l’économie de moyens sont autant de directions envisagées et suivies par les créateurs. Dans le même temps, le design s’immisce partout. Il peut être de produit, sonore, d’espace, de service, numérique, culinaire, lié au packaging ou encore au management. Cette « dilution » du design dans la plupart des domaines – social, politique, économique, esthétique entre autres – le rend de plus en plus difficile à définir comme à interpréter.

Souvent lié à des mécaniques de projet qui génèrent des formes spécifiques, le design s’est et se nourrit toujours de renversements, de remises en cause, de bifurcations et parfois de renoncements. Ces moments singuliers, perçus quelquefois comme des crises ou des tensions, mais aussi comme des champs d’expérimentation, parfois violents dans leur radicalité sont autant de marqueurs essentiels qu’il convient de saisir.

  • ISBN : 2-35311-101-7 / ISSN : 1265-0692
    • Éditeur : PUPPA, Pau
      • Prix : 20 €
        • 232 pages

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FA35 – Le devenir-cyborg du monde

2018, sous la direction de Bernard Lafargue et Bernard Andrieu

« Cyborg » est un mot composite. Il hybride ou marrie pour le meilleur et pour le pire le kubernêtés (pilote de Platon) ou le cybernétique (logiciels informatiques permettant le bon fonctionnement de systèmes autorégulés de Norbert Weiner) et l’organique ou la chair.

Manfred Clynes et Nathan Kline emploient pour la première fois le terme « cyborg » dans un article intitulé : « Drugs, Space and Cybernetics », qu’ils publient dans Cyborgs and Space, Astronautics, en septembre 1960 pour désigner un « humain amélioré » par un certain nombre de dispositifs de prothèses ou artefacts capables de s’autoréguler afin de lui permettre de survivre dans un environnement extraterrestre.

Si ce livre, dont les articles proviennent pour l’essentiel d’un colloque que nous avons organisé en novembre 2017 à l’Université Bordeaux Montaigne, rend hommage aux inventeurs du concept, il prend acte de l’irrépressible et incontrôlable extension de sa signification durant ces dernières décennies. Notamment du fait de l’« artialisation » des romans et films de science-fiction.

De quoi, de qui, « cyborg » est-il(le) le nom ? S’il s’avère que « cyborg » est le nom de cet être propre à toutes les hybridations, car « propre à rien », dont Rousseau repère dès son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes l’infinie « perfectibilité », quels sont ses droits et devoirs ?

Telles sont les questions fondamentales auxquels s’efforcent de répondre les articles d’Alexandra Ain, Bernard Andrieu, Anaïs Bernard, Thomas Brunel, Johann Château-Canguillhem, Bernard Claverie, Giorgio Cipoletta, Cécile Croce, Jean-Paul Engelibert, Aurélia Gaillard, Carole Hoffmann, Fleur Hopkins, Akira Kurushima, Bernard Lafargue, Claire Lahuerta, Xavier Lambert, Albain Le Garroy, Avelino De Lima Neto, Aurélie Martinez, Salim Mokaddem, Judith Nicogossian, Petrucia Da Nobrega, réunis par Bernard Lafargue et Bernard Andrieu dans ce numéro 35 de Figures de l’art.

  • ISBN 2-35311-093-2 / ISSN 1265-0692
    • Éditeur : PUPPA, Pau
      • Prix : 24€
        • 284 pages

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FA34 – Art et design : une histoire d’humour

2017, sous la direction de Bernard Lafargue et Jérôme Carrié

À Staline qui, tout en imposant à l’Union soviétique « le design total » du réalisme socialiste, proclamait : « Un peuple heureux n’a pas besoin d’humour » semblent faire écho, un siècle plus tard, les propos de Starck, un artiste-designer qui a toujours revendiqué son obédience communiste : «  Un design sans humour n’est pas humain… Le manque d’humour est la définition de la vulgarité…Le populaire est élégant, le rare vulgaire. »

En trente et quelques « glorieuses », ce sont les mille et un « objeux factitifs » élégants de ce design pop d’humour qui ont changé la face du monde grandiloquent et guerrier des « Grands Récits », le rendant plus « cool » et autrement « kitsch ». De « La Mamma » de Pesce (1968) qui déploie ses rondeurs de Vénus stéatopyge de mousse polyuréthane attachée à son « boulet-repose-pieds », dès que son acheteur ouvre l’emballage sous vide à « La Marie », une chaise en polycarbonate transparent dans laquelle Starck ressuscite en 1998 La Mère immaculée de l’Occident chrétien sous la forme d’une « mère porteuse » de projets de vie plus doux et seyants, en passant même par la «  Heart Cone Chair », que Verner Panton réalise en 1959 en faisant un clin d’œil tant aux oreilles des Bergères galbées en confessionnal-boudoir du XVIIIe qu’à celles du « Mickey Mouse » blagueur de Disney (1929), tout en « parodiant » le formalisme « de Stijl » de la chaise Zig Zag (1932-34) de Gerrit Rietveld pour donner à son utilisateur le cœur d’une « femme-bergère-souris » virevoltant sur son piétement cruciforme, le monde a pris conscience qu’il est un cosmos cosmétique ; un loft dans lequel tout un chacun est invité à designer, pour le meilleur comme pour le pire, sa love story.

Et, c’est à travers le prisme de ce design pop d’humour que renaissent à nouveau aujourd’hui les mille et une histoires d’amour et d’humour de ces « œuvres d’art » que deux siècles de bourgeoisie révolutionnaire et puritaine avaient enfermées, sacralisées et fétichisées, dans la prison dorée de musées en forme de morgues, et que la « moraline » d’une puissante tradition d’historiens de l’art agélastes avaient amputées de leur polysémie facétieuse.

Ce sont les principales figures de ces esperluettes d’amours à l’humour jubilatoire, que mettent en évidence les articles d’Alexandra Ain, Isabelle Alzieu, Dina Besson, Nicolas Boutan, Benedetto Bufalino, Christophe Bardin, Jérôme Carrié, Dominique Corbal, Cecile Croce, Eric Dicharry, Erica Francese, Annie et Jean Galvani, Norbert Hillaire, Joël Hubaut, Anne Cécile Lenöel, Jérôme Moreno, Nicolas Nouhaud, Bertrand Rougé, Ronald Shusterman, Antonella Tufano, réunis par Bernard Lafargue et Jérôme Carrié dans ce numéro 34 de Figures de l’art.

  • ISBN 2-35311-088-6 / ISSN 1265-0692
    • Éditeur : PUPPA, Pau
      • Prix : 27 €
        • 350 pages

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FA33 – L’image et son dehors

contours, transitions, transformations

2017, sous la direction de Markus Arnold et Mounir Allaoui

Le cadre délimite une représentation. Il n’est pourtant pas un élément nécessaire à toute image, et la forme visible en son sein ne contient pas l’essentiel de ce qui se dit par l’image. Ainsi, l’histoire du cadre comme support de l’image n’est pas liée à toute culture visuelle, et au-delà de cette évidence, l’image – même lorsqu’elle est cadrée – joue d’abord avec son dehors. Car c’est aussi depuis le hors-champ ou la coupure qui sépare deux images au montage d’un film par exemple, ou l’espace intericonique de la bande dessinée que se nourrissent le sens et l’esthétique. Il s’agit donc d’un champ qui s’étend hors de l’immédiateté de l’expérience visuelle située par le cadre. Cette création du sens et d’esthétique est aussi le fruit de la tension entre ce qui se donne à voir et cet ailleurs imaginaire qui se devine… le contexte et l’histoire de ce(lui) qui regarde et de ce qui est regardé : le dehors de l’image.

Cet ouvrage fait suite au colloque international « L’image et son dehors : contours, transitions, transformations » qui s’est déroulé à l’École Supérieure d’Art de la Réunion les 6 et 7 mai 2015. Il réunit plusieurs textes qui, malgré la diversité de leurs sujets et des médiums abordés, sont portés par cette question fondamentale de l’image et de son dehors.

Textes de Allaoui Mounir, Arnold Markus, Deremetz Johannes, Domenach Élise, Gigan Angélique, Gyatso Natalie, Hadouchi Olivier, Hoareau Aude-Emmanuelle, Hock Katja, Issur Kumari, Iyengar B. S. Rohini, Jaudon Raphaël, Khoyratty Farhad, Kugel Karl, Molinet Emmanuel, Sasha Nine, Omar Awadi Myriam, Palermo Chiara, Piemme Alice, Prunet Camille, Quëland de Saint-Pern Yohann, Ramharai Vicram, Shusterman Ronald, Yahi Natacha.

  • ISBN : 2-35311-086-X / ISSN : 1265-0692
    • Éditeur : PUPPA, Pau
      • Prix : 24 €
        • 315 pages

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FA32 – L’art & la machine

2016, sous la direction de Danièle Méaux

De la première industrialisation au développement actuel des nouvelles technologies, les inventions techniques ont conditionné les modes d’organisation socio-économique, comme elles ont sollicité l’imaginaire collectif. C’est ainsi que la machine a constitué un motif privilégié dans le champ artistique. Emblème de progrès souvent magnifié, elle a également été mise en cause comme facteur d’asservissement, confrontant l’être à un simulacre d’autosuffisance organique. Parallèlement à cela, l’utilisation d’appareils plus ou moins sophistiqués amène à repenser autrement l’acte de création.

Textes de Brogowski Leszek, Callens Anne-Céline, Cartier Claudine, Ciciliato Vincent, Favier Anne, Ihl Olivier, Knoery Franck, Le Pape Isabelle, Limonne Charlotte, Méaux Danièle, Mika Vincent, Mourey Jean-Pierre, Moussaoui Nedjma, Noirot Julie, Périot-Bled Gaëlle, Ramaut-Chevassus Béatrice, Rival Hélène, Romano Pace Alba, Rot Gwenaële, Sacchetto Michela, Streitberger Alexander, Thély Nicolas, Vatin François, Viart Christophe, Villard Marie-Aline.

  • ISBN : 2-35311-076-2 / ISSN : 1265-0692
    • Éditeur : PUPPA, Pau
      • Prix : 24 €
        • 326 pages

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FA31 – L’Art des villes

2016, sous la direction de Cécile Croce

L’expression « art des villes »  propose de considérer la ville comme un être vivant. Un être qui fait le beau pour se sentir bien dans sa peau et séduire ses visiteurs et ses habitants qui, en retour, vont le revivifier. Elle implique la prise en compte des projets, processus, gestes et pratiques économiques ou politiques qui distinguent les spécificités de sa poïétique et de son esthétique.  

Si les artistes ou designers sont de plus en plus souvent sollicités par les édiles, leurs œuvres engendrent, à l’usage, des espaces hétérotopiques qui génèrent des ambiances nouvelles. Le décor ne relève plus en effet du parergon superfétatoire de l’esthétique kantienne, mais d’un cadre de vie ou milieu (umwelt d’Uexküll), dans lesquels les habitants se plaisent, ou non, à vivre. C’est pourquoi l’embellissement plus ou moins « vintage » des « centres historiques » devient l’un des principaux enjeux de l’attractivité touristique.

Mais l’art sait aussi « griffer » la ville, bousculer les attentes, destituer les prescriptions esthétiques, s’immiscer, par quelques actions plus ou moins subversives, dans ce que composent nos pratiques urbaines. Ce sont ces pratiques plurielles, divergentes et contradictoires que L’art des villes prend en compte pour mettre en évidence ce devenir artistique et esthétique par lequel chaque ville cherche à se parer en se distinguant des autres pour attirer la manne des touristes tout en devenant ce qu’elle est.

L’art des villes condense celui d’une époque, ses goûts et sa morale. C’est toute une conception du monde, une Weltanschauung manifestement hédoniste, qui se donne à voir dans ses choix esthétiques. Qu’elles soient pensées par les politiques, travaillées par l’histoire ou rêvées par les artistes, les villes nourrissent leurs légendes pour redorer leurs blasons et diffuser des « ambiances vénisées ».

Poursuivant la réflexion engagée dans « Le syndrome de Venise : la biennalisation de l’art contemporain » (Figures de l’art 20) et « Le design dans l’art contemporain » (Figures de l’art 29), les articles de ce numéro 31 de Figures de l’art proviennent pour l’essentiel du colloque : « L’art des villes » que nous avons organisé à Cap Sciences-Bordeaux en Janvier 2015.

Articles et Actions de Samira Aït-Mehdi, Claire Azema, Sidi Omar Azeroual, Katharina Bellan, Emmanuelle Bonneau, Déborah Bowman, Pierre Cabrol, Anne-Cécile Canas-Lenoël, Emma Carpe, Aurélie Chêne, Caroline Corbal, Cécile Croce, Jérôme Dupont, Christophe Genin, Michèle Ginoulhiac Baudeigne, Luís Carlos Pimenta Gonçalves, Céline Hromadova, Bernard Lafargue, Fabio de La Rocca, Michèle Laruë-Charlus, Charlotte Lheureux, Alain Mons, Nicolas Nercam, Julien Ottavi, Thierry Paquot, Laurent Péradon, José Le Piez, Lydie Rekow-Fond, Stéphanie Sagot, Christian Ruby, Simon Stawski, Corinne de Thoury, Ramzi Turki réunis dans ce numéro 31 de Figures de l’art par Cécile Croce.

  • ISBN 2-35311-074-6 / ISSN 1265-0692
    • Éditeur : PUPPA, Pau
      • Prix : 27 €
        • 368 pages

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